Pour un gouvernement qui finance
fortement le secteur de la santé comme c’est le cas au Québec (43,3 % des
dépenses totales excluant le service de la dette en 2011), une comparaison entre
institutions devient importante. Le ministère de la santé, qui bénéficie de la
plus grande enveloppe budgétaire, a le devoir d’investir au sein d’institutions
performantes, offrant le maximum de soins à la population.
Par ailleurs, cette pratique
comporte un nombre important de facteurs qui brouillent une juste comparaison
entre hôpitaux. En 2002, Northcott et Llewellyn ont procédés à un sondage auprès
de directeurs financiers et comptables d’institutions médicales. L’objectif
était de déterminer les problèmes perçus des hôpitaux face à un nouveau système
de benchmarking imposé par le gouvernement anglais.
Les auteurs ont identifiés une
liste de facteurs principaux, catégorisés en trois grandes catégories :
1. Différences
entre les pratiques d’allocation des coût
L’allocation des coûts varie grandement d’une institution à l’autre, particulièrement en ce qui à trait aux coûts indirects. Les institutions procèdent à l’élaboration de coûts standards pour imputer ces coûts mais on observe alors des différences d’une instituions à l’autre. Comment répartir le coût du service administratif ?
2. Problème quant à la qualité de l’information
La capacité des
systèmes d’informations à capturer des informations de natures opérationnelles
impact directement la qualité de la répartition des coûts. Certains hôpitaux
doivent opérer avec des systèmes non adaptés à cet exercice, étant plutôt
conçus pour la comptabilité financière.
Ainsi, les
institutions ayant plus de détail opérationnel sont en meilleure position pour répartir
leurs coûts, causant certainement un
écart entre les institutions.
3. Hétérogénéité
de la nature des objets de coûts
Certains
hôpitaux imputent leurs coûts indirects en fonction du nombre de jours du
séjour d’un patient à l’hôpital alors que d’autres préfèrent une approche plus
détaillée, se rapprochant du modèle de comptabilité par activité. Une
différence provenant du modèle comptable est donc observable.
Aussi, il est
difficile de comparer un hôpital de région, offrant des services médicaux de
première ligne, avec un centre universitaire traitant des cas plus spécifiques.
La diversité des cas traités par les centres spécialisés à certainement pour
impact de hausser les coûts et de rendre la comparaison difficile.
Alors, comment bien se comparer avec les autres hôpitaux ?
Pour une institution, entrer dans
un tel jeu de comparaison avec ses pairs s’avère laborieux. Cependant, tel que
c’est le cas actuellement au Québec, le responsable d’une institution médicale
doit être en mesure de justifier ses résultats et tout écart défavorable. En
étant conscient de cette limite, un gestionnaire devrait être en mesure
d’apporter des réponses lors d’un tel exercice.
Sources
Northcott et Llewelly
(2002). Challenges in costing health care
services: Recent evidence from the UK, International Journal of Public
Sector Management, p.188-203
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