mercredi 24 octobre 2012

Le benchmarking hospitalier : facteurs nuisant à une bonne comparaison


Pour un gouvernement qui finance fortement le secteur de la santé comme c’est le cas au Québec (43,3 % des dépenses totales excluant le service de la dette en 2011), une comparaison entre institutions devient importante. Le ministère de la santé, qui bénéficie de la plus grande enveloppe budgétaire, a le devoir d’investir au sein d’institutions performantes, offrant le maximum de soins à la population.

Par ailleurs, cette pratique comporte un nombre important de facteurs qui brouillent une juste comparaison entre hôpitaux. En 2002, Northcott et Llewellyn ont procédés à un sondage auprès de directeurs financiers et comptables d’institutions médicales. L’objectif était de déterminer les problèmes perçus des hôpitaux face à un nouveau système de benchmarking imposé par le gouvernement anglais.

Les auteurs ont identifiés une liste de facteurs principaux, catégorisés en trois grandes catégories :

1. Différences entre les pratiques d’allocation des coût

L’allocation des coûts varie grandement d’une institution à l’autre, particulièrement en ce qui à trait aux coûts indirects. Les institutions procèdent à l’élaboration de coûts standards pour imputer ces coûts mais on observe alors des différences d’une instituions à l’autre. Comment répartir le coût du service administratif ?

2. Problème quant à la qualité de l’information

La capacité des systèmes d’informations à capturer des informations de natures opérationnelles impact directement la qualité de la répartition des coûts. Certains hôpitaux doivent opérer avec des systèmes non adaptés à cet exercice, étant plutôt conçus pour la  comptabilité financière.

Ainsi, les institutions ayant plus de détail opérationnel sont en meilleure position pour répartir leurs  coûts, causant certainement un écart entre les institutions.

3. Hétérogénéité de la nature des objets de coûts

Certains hôpitaux imputent leurs coûts indirects en fonction du nombre de jours du séjour d’un patient à l’hôpital alors que d’autres préfèrent une approche plus détaillée, se rapprochant du modèle de comptabilité par activité. Une différence provenant du modèle comptable est donc observable.

Aussi, il est difficile de comparer un hôpital de région, offrant des services médicaux de première ligne, avec un centre universitaire traitant des cas plus spécifiques. La diversité des cas traités par les centres spécialisés à certainement pour impact de hausser les coûts et de rendre la comparaison difficile.


Alors, comment bien se comparer avec les autres hôpitaux ?
Pour une institution, entrer dans un tel jeu de comparaison avec ses pairs s’avère laborieux. Cependant, tel que c’est le cas actuellement au Québec, le responsable d’une institution médicale doit être en mesure de justifier ses résultats et tout écart défavorable. En étant conscient de cette limite, un gestionnaire devrait être en mesure d’apporter des réponses lors d’un tel exercice.

Sources
Northcott et Llewelly (2002). Challenges in costing health care services: Recent evidence from the UK, International Journal of Public Sector Management, p.188-203

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