La
comptabilité par activité a la fonctionnalité de calculer de façon précise les
coûts associés aux ressources consommées par une activité. Comme la méthode est
fondée sur la description de processus, la comptabilité par activité mesure
donc les ressources utilisées pour toutes les activités que constitue le
processus (1).
Si on la rattache à la comptabilité analytique hospitalière, qui se concentre
sur la notion de ‘’destination’’, la totalité des activités hospitalières
doivent être décrites sous forme de processus. Le but est d’ensuite ventiler
les coûts des activités sur la durée du séjour des patients. Cependant, avant
d’établir ce coût de séjour, les coûts par activités permettent de fournir des
indicateurs pertinents d’analyse de coût comparables entre établissements
similaires.
La
mise sur pied de la méthode de comptabilité par activité consiste en fait à une
collecte de données afin de créer une base de données nationale (2).
Elle servira ainsi de référence pour les autres établissements sur les coûts
des activités non-cliniques. En plus de servir de référence, elle agit aussi à
titre de comparatif sur l’échelle nationale sur les meilleures pratiques de
gestion de coûts, en différenciant les typologies d’établissements.
Apports et limites de la CPA
Halgand
a aussi étudié la question de la gestion des coûts dans le milieu hospitalier
français, le DRG (Diagnostic Related
Groups). Selon Halgand, la comptabilité par activité met en évidence les
faiblesses ce modèle de gestion présentement en place. Toutefois, les solutions
proposées par la CPA ne parviennent souvent
qu’à résoudre le problème en surface, et non la source même du problème.
Voici un survol des apports et des limites de la comptabilité par activité dans
le milieu hospitalier.
Apports
1. La répartition des charges indirectes
vers une ‘’durée de séjour’’
Dans le modèle du DRG, le
poids des charges indirectes au produit est relativement faible, cela étant dû
à un manque d’information afin de permettre un rapprochement entre les produits
et les charges (3).
La grande majorité des charges sont indirectes, réparties par une clé dominante
qui est la durée de séjour. Les charges indirectes sont donc imputées selon le
nombre d’heures de travail du personnel pour un patient, c’est-à-dire la durée
de séjour.
2. Identification de l’objet de coût
La deuxième source de
problème du modèle en place réside dans la définition de l’objet de coût (4).Tout
comme le modèle des sections homogènes, La CPA permet d’identifier les sources
de consommation de ressources et de lui affecter les coûts, orienté vers la
destination, et non le patient directement.
3. L’importance du contexte
La CPA met l’accent sur
l’importance du contexte d’implantation d’un modèle de gestion des coûts (5).
Un modèle qui fonctionne bien dans certains pays n’est pas nécessairement
approprié dans d’autres pays, notamment à cause des caractéristiques
organisationnelles des hôpitaux, les pratiques de soins ou encore les aspects
épidémiologiques de la demande. Ces facteurs ont en fait une influence non
négligeable sur la consommation des ressources, et donc les coûts de
processus, à l’intérieur des murs d’un établissement hospitalier.
Limites
1. Degré de détail du modèle
Même si la CPA est orientée
vers l’intégration de la consommation de ressources, grâce à une meilleure
traçabilité des coûts des activités, la méthodologie de la définition de
l’activité est problématique (6).
En effet, la question reste à choisir le degré de finesse qu’il convient de
retenir pour définir les activités de processus.
Un autre obstacle au
développement de la CPA réside dans son degré de détail excessif, découlant de
l’adoption de l’approche bottom-up,
impliquant les acteurs dans la définition des activités. En effet, cette
approche se concentre sur deux objectifs de nature divergente. Le premier vise
à améliorer la signification des activités auprès des acteurs, tandis que le
deuxième mise sur la pertinence des coûts à un niveau plus universel de
l’organisation. Cette pluralité des finalités
assignée un ce même outil de contrôle engendre des difficultés d’agrégation et
des problèmes de cohérence organisationnels.
2. Le sens assigné au modèle par l’auteur
Comme bien d’autres outils
managériaux, une problématique de l’implantation de la comptabilité par
activité est dans une faible intégration de la dimension comportementale (7).
Même si le comportement des employés peut être ‘’contrôlé’’ par les valeurs organisationnelles
et leur adhésion aux objectifs de l’hôpital, le sens donné à cet outil de
contrôle peut varier d’un individu à l’autre. L’approche bottom-up reconnait l’importance du rôle de l’acteur, par
l’interaction de différents savoir-faire dans l’analyse des processus, mais
aussi par la pertinence du système de CPA, grâce à l’intégration des acteurs
dans la description des activités. Donc la CPA ne garantit pas la réaction
positive des acteurs dans l’adoption de la CPA, ni leur compréhension de ses
dimensions.
Conclusion de cette section :
Bref, en utilisant des outils de gestion financière qui englobent tous les coûts de l’organisation, il peut être possible pour l’organisation d’assurer une bonne gestion de ces derniers. Par conséquent, la complexité de la structure organisationnelle et la limitation quant à la disponibilité de toute l’information complexifie la gestion des coûts. Le but étant donc que l’utilisation d’outil de gestion financière devienne un outil de gestion stratégique pour établir des prévisions basées sur des standards idéaux et atteignables. Ainsi, les gestionnaires pourront agir de façons proactives pour gérer les coûts opérationnels.
Bref, en utilisant des outils de gestion financière qui englobent tous les coûts de l’organisation, il peut être possible pour l’organisation d’assurer une bonne gestion de ces derniers. Par conséquent, la complexité de la structure organisationnelle et la limitation quant à la disponibilité de toute l’information complexifie la gestion des coûts. Le but étant donc que l’utilisation d’outil de gestion financière devienne un outil de gestion stratégique pour établir des prévisions basées sur des standards idéaux et atteignables. Ainsi, les gestionnaires pourront agir de façons proactives pour gérer les coûts opérationnels.
SOURCES
(1) BAUDE,Catherine, <<Guide méthodologique de comptabilité analytique hospitalière>>, (document électronique), Paris, ministère du travail, de l’emploi et la santé, 2012, http://www.sante.gouv.fr/IMG/pdf/sts_20110009_0001_p000.pdf, p. 13
(1) BAUDE,Catherine, <<Guide méthodologique de comptabilité analytique hospitalière>>, (document électronique), Paris, ministère du travail, de l’emploi et la santé, 2012, http://www.sante.gouv.fr/IMG/pdf/sts_20110009_0001_p000.pdf, p. 13
(2) Ibid,
p. 19
(3) HALGAND, Nathalie. ‘’Comptabilité et pertinence : une proposition
constructiviste pour le nouveau management hospitalier’’,, Comptabilité-Contrôle-Audit, Tome 3, Vol. 2, septembre 1997, p.
80
(4) Idem note 3
(5) Ibid, p. 81
(6) Idem note 5
(7) Ibid, p. 82
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